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BDL 2016 Mercredi 03/02/16

Faites du bruit #3

L’oreille casquée et le stylo en alerte, tout au long de la journée, j’amasse le son des mots, les bruits des langues, et l’à-côté des LiMès. Des éclats de festival qui s’accrochent et restent en tête. Noémie à l’écriture et à la voix, assistée par Gwendoline pour le support technique et intellectuel.

Merci au Yeux d’Izo pour les finitions.

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BDL 2016 Mardi 02/02/16

Littérature : art vivant

Par Isaline et Anaïs – Jour 2

Rencontres avec…

… Cyril Bilbeaud, Marc Nammour, Serge Teyssot-Gay, Fred Griot, autour de la musique et de la littérature.

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BDL 2016 Mardi 02/02/16

La littérature dans son cocon… déploie ses ailes dans l’art vivant !

Par Isaline et Anaïs – Jour 2

Rencontre avec…

… Delphine Saint-Raymond autour de la littérature, le chantsigne, et la Langue des Signes Française (LSF).

Comment passer du texte écrit aux signes ? Comment faire le passage d’une langue écrite à une langue visuelle ? Comment, par les signes, peut-on sensibiliser un public entendant, et comment faire passer un message fort ?

Dès son plus jeune âge, Delphine Saint-Raymond adore lire des romans ou encore la bibliothèque rose. Comédienne depuis douze ans, elle pratique également le chantsigne (chanter en LSF), art qui se développe depuis quelques années. Elle traduit des textes de Brassens, Léonora Miano, Giraudoux, Victor Hugo, etc… en LSF, ou en chantsigne.

Fan de Léonora Miano, elle décide de s’atteler à la traduction de plusieurs de ses textes.

Tâche ardue ! D’une langue à l’autre, il peut y avoir de grandes différences dans le sens, dans les implicites portés par un mot. De plus, l’interprétation d’un texte est parfois subjective ou peut donner lieu à plusieurs sens possibles, notamment dans la poésie. Comment rendre ces possibilités ? Delphine nous répond qu’il faut alors faire le choix d’un signe et que ce choix est difficile. En plus de l’analyse, il faut se laisser porter par la poésie corporelle pour ce choix.
Il est naturel pour elle d’être bilingue, de passer du français à la LSF, mais la LSF devient un outil de travail pour traduire des textes littéraires, il faut tout de même fournir un gros travail ! Travail qui s’affine au fil du temps, on laisse mûrir le texte et celui-ci nous délivre d’autres sens cachés.
En LSF, on peut dire en montrant :
  il y a une iconicité inhérente à la langue. Par la traduction, il s’agit de saisir ce qui a été dit, le transformer, faire des choix d’interprétation. On s’approprie alors le texte. Seulement parfois, le sens ne passe pas, il faut alors le changer pour le rendre compréhensible.
Par ailleurs, une autre langue amène un autre mode de pensée, c’est d’autant plus vrai pour les langues des signes qui utilisent un autre mode de perception de la langue : visuel et non plus sonore, « on pense en image » dit Delphine. Ce changement de perception fait qu’une autre logique est en place à certains moments, la phrase en français se voit donc remaniée pour trouver une logique visuelle en LSF.
Tout d’abord, Delphine fait une analyse profonde du texte. Puis elle le met en forme spécialement, se le réapproprie par une découpe qui vient du fait que les syntaxes sont différentes. Au sujet des rimes, tout est possible ! On peut les donner à voir par des redondances de mimiques, de configurations de la main, de mouvements du corps… Qui veut créer un groupe d’études sur cette question ?! 
 
Ensuite, comment choisir précisément les « images » pour traduire ? Traduire suppose d’être neutre, non ? En fait, il s’agit pour Delphine de trouver une image qui la rattache au texte, un écho à sa propre histoire.
Il suffit de regarder une personne signer pour s’apercevoir immédiatement de la différence entre la langue des signes et la langue française.
Delphine nous a rappelé la                froideur               que                pouvait                avoir                la langue française, le
poids
de                                                               sa                                       l–i–n–é–a–r–i–t–é——
ce qui est à contre courant de la L
                                                                          S
                                                                               F.
La distance qu’il peut y avoir entre deux personnes qui échangent, ne se retrouve pas dans la LSF car elle se véhicule par tout le corps, le visage est très expressif. La LSF est très chaleureuse, on se touche, on attrape les gens pour communiquer. Le corps et la langue forment un ensemble et c’est bien ce qui a charmé le public.
La dimension visuelle peut être un point d’accroche pour les entendants, décrypter les signes et rentrer un peu dans cette langue. Il faut savoir que la manière de signer change selon les pays mais on arrive toujours à échanger. Passer d’une langue à une autre, requiert cependant un minimum de connaissances. Delphine a su s’approprier la littérature en performant les textes. La musique et le rythme sont dans sa tête lorsqu’elle chantsigne. Elle arrive à les transmettre aisément, le signe s’adapte au rythme et à la vitesse de la musique. Les mots ont un souffle nouveau. On a pu assister à une véritable renaissance dans cette interprétation destinée au public sourd mais qui enchante tout individu.
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BDL 2016 Mardi 02/02/16

Faites du bruit #2

L’oreille casquée et le stylo en alerte, tout au long de la journée, j’amasse le son des mots, les bruits des langues, et l’à-côté des LiMès. Des éclats de festival qui s’accrochent et restent en tête. Noémie à l’écriture et à la voix, assistée par Gwendoline pour le support technique et intellectuel.

Merci au Yeux d’Izo pour les finitions.

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BDL 2016 Lundi 01/02/16

Delphine Saint-Raymond

Rencontre présentée par Isaline Godin.


Vidéo de Sarah, Marine, Morgane et Gwendoline

Retour sur les performances de Delphine Saint-Raymond, comédienne sourde et interprète de chantsigne. Les textes interprétés sont ci-dessous.

* * *

Victor HUGO, « Océan »

Fuir, dans la vie, c’est la ressource.

Ressource des poltrons; ressource des vaillants aussi.

On fuit de deux façons: devant quelque chose, et vers quelque chose; devant le mal

qu’on ne veut pas faire et vers le bien qu’on veut retrouver.

Dans le premier cas on s’échappe; dans le second, on se réfugie.

Mon premier cri en entrant dans l’exil fut: par où s’en va-t-on?

* * *

Léonora Miano, Afropea

J’habite un terroir intérieur un espace sans limites trois langues l’écho de quatre cultures. J’habite des ancêtres multiples une parole propre Centrale parce que périphérique porte mes cicatrices avec élégance ne revendique pas affirme dis tranquillement. Je suis Ne cherche pas ma place la créee la tienne aussi. Je suis N’éprouve ni haine ni crainte Je suis ni haine ni crainte. J’écris les pages de mon histoire la tienne Mets du piment dans ma blanquette aime mon rôti avec de l’igname mon tartare avec des plantains frits Connais le passé sans y séjourner sans le sacraliser Apprends du passé pour tracer ma voie Je suis une voie J’habite un terroir intérieur Je suis une position pas une posture Une vibration un souffle une émotion un appel une conjonction une intense intention. L’heureux événement. Je suis une donnée complexe flexible une attitude symbolique politique une contrée concrète immatérielle fructueuse une terre sans borne Fertile Mes frontières assemblent ne tranchent pas assemblent ne découpent pas ne mutilent pas. Je marche devant le jour qui vient Je suis la beauté qui se fait Je suis un achèvement Je suis un apaisement.

Ce texte prose, Delphine le retravaille afin de pouvoir le chantsigner. Voici sa version:

J’habite un terroir intérieur / Pays en moi intérieur

un espace sans limites limite / limite? Non: ouvert.

trois langues / En moi: langue, langue, langue.

l’écho de quatre culture / Culture: en moi, en moi, en moi, en moi.

J’habite des ancêtres multiples / Arbre généalogie personnes en moi,

une parole propre / j’exprime : mien,

Centrale parce que périphérique / autour et en haut entrent (dans main G).

Porte mes cicatrices avec élégance / Scarifications, blessée: montre (fière).

ne revendique pas / Je défense? Non.

affirme / Je franc (affirme)

dis tranquillement / Mot, mot, mot : tranquille.

Je suis / Je suis

Ne cherche pas ma place / Pieds en l’air? Non: sur terre,

la crée / pousse tige, arbre,

la tienne aussi / vous aussi.

Je suis / Je suis

N’éprouve ni haine ni crainte / Je hais, j’ai peur? Non.

Je suis ni haine ni crainte / En moi: haine, peur: n’a pas.

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BDL 2016 Lundi 01/02/16

Faites du bruit #1

L’oreille casquée et le stylo en alerte, tout au long de la journée, j’amasse le son des mots, les bruits des langues, et l’à-côté des LiMès. Des éclats de festival qui s’accrochent et restent en tête. Noémie à l’écriture et à la voix, assistée par Gwendoline pour le support technique et intellectuel.

Merci au Yeux d’Izo pour les finitions.

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BDL 2016 Lundi 01/02/16

Table ronde identité nationale et déni de citoyenneté

Avec Valérie Osouf et Nicolas Ferran, présentation par Frédéric Detue et Théo Martineaud
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=gAmVS2BVpMU]
Par Marie, Thomas, Gwndoline et Sarah

Les films avaient été projetés le mardi 26 janvier à l’université, en amont du festival.

 

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BDL 2016 Lundi 01/02/16

Ce lundi 01/02, à Poitiers

Par Blandine – Jour 1

Nous avons pu assister à une inauguration officielle.

Puis les rencontres ont commencé…

D’abord, Bernard Noël nous a parlé de Bruits de Langues (le poème !).

Puis nous avons écouté les deux réalisateurs Valérie Osouf et Nicolas Ferran évoquer pour nous les questions d’identité nationale.

Ensuite, c’était le tour de Lidia Jorge, une auteure portugaise présentée par Morgane et Amandine.

Enfin, pour clore la journée, deux lectures théâtralisées. Les élèves du conservatoire avaient travaillé sur des extraits de Za de Jean-Luc Raharimanana ; et l’auteur Laurent Colomb nous a offert des lectures très expressives de son recueil Autochtones.

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BDL 2017 Mardi 31/01/17

Mardi se met en scène

Ce mardi 31 fut l’occasion de rencontrer des auteurs contemporains et du monde de la scène, Alexandra Badea, Joël Kerouanton et Philippe Vasset.

Crédit : Marine Dubourg

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BDL 2017 Mardi 31/01/17

Rencontre avec Alexandra Badea

En partenariat avec les Yeux D’Izo, et dans le cadre de Bruits de Langues 2017, ce court métrage centré sur la rencontre avec Alexandra Badea a été réalisé par les élèves du Master Livres et Médiation de Poitiers.