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BDL 2016 Lundi 01/02/16

Delphine Saint-Raymond

Rencontre présentée par Isaline Godin.


Vidéo de Sarah, Marine, Morgane et Gwendoline

Retour sur les performances de Delphine Saint-Raymond, comédienne sourde et interprète de chantsigne. Les textes interprétés sont ci-dessous.

* * *

Victor HUGO, « Océan »

Fuir, dans la vie, c’est la ressource.

Ressource des poltrons; ressource des vaillants aussi.

On fuit de deux façons: devant quelque chose, et vers quelque chose; devant le mal

qu’on ne veut pas faire et vers le bien qu’on veut retrouver.

Dans le premier cas on s’échappe; dans le second, on se réfugie.

Mon premier cri en entrant dans l’exil fut: par où s’en va-t-on?

* * *

Léonora Miano, Afropea

J’habite un terroir intérieur un espace sans limites trois langues l’écho de quatre cultures. J’habite des ancêtres multiples une parole propre Centrale parce que périphérique porte mes cicatrices avec élégance ne revendique pas affirme dis tranquillement. Je suis Ne cherche pas ma place la créee la tienne aussi. Je suis N’éprouve ni haine ni crainte Je suis ni haine ni crainte. J’écris les pages de mon histoire la tienne Mets du piment dans ma blanquette aime mon rôti avec de l’igname mon tartare avec des plantains frits Connais le passé sans y séjourner sans le sacraliser Apprends du passé pour tracer ma voie Je suis une voie J’habite un terroir intérieur Je suis une position pas une posture Une vibration un souffle une émotion un appel une conjonction une intense intention. L’heureux événement. Je suis une donnée complexe flexible une attitude symbolique politique une contrée concrète immatérielle fructueuse une terre sans borne Fertile Mes frontières assemblent ne tranchent pas assemblent ne découpent pas ne mutilent pas. Je marche devant le jour qui vient Je suis la beauté qui se fait Je suis un achèvement Je suis un apaisement.

Ce texte prose, Delphine le retravaille afin de pouvoir le chantsigner. Voici sa version:

J’habite un terroir intérieur / Pays en moi intérieur

un espace sans limites limite / limite? Non: ouvert.

trois langues / En moi: langue, langue, langue.

l’écho de quatre culture / Culture: en moi, en moi, en moi, en moi.

J’habite des ancêtres multiples / Arbre généalogie personnes en moi,

une parole propre / j’exprime : mien,

Centrale parce que périphérique / autour et en haut entrent (dans main G).

Porte mes cicatrices avec élégance / Scarifications, blessée: montre (fière).

ne revendique pas / Je défense? Non.

affirme / Je franc (affirme)

dis tranquillement / Mot, mot, mot : tranquille.

Je suis / Je suis

Ne cherche pas ma place / Pieds en l’air? Non: sur terre,

la crée / pousse tige, arbre,

la tienne aussi / vous aussi.

Je suis / Je suis

N’éprouve ni haine ni crainte / Je hais, j’ai peur? Non.

Je suis ni haine ni crainte / En moi: haine, peur: n’a pas.

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BDL 2016 Lundi 01/02/16

Faites du bruit #1

L’oreille casquée et le stylo en alerte, tout au long de la journée, j’amasse le son des mots, les bruits des langues, et l’à-côté des LiMès. Des éclats de festival qui s’accrochent et restent en tête. Noémie à l’écriture et à la voix, assistée par Gwendoline pour le support technique et intellectuel.

Merci au Yeux d’Izo pour les finitions.

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Table ronde identité nationale et déni de citoyenneté

Avec Valérie Osouf et Nicolas Ferran, présentation par Frédéric Detue et Théo Martineaud
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=gAmVS2BVpMU]
Par Marie, Thomas, Gwndoline et Sarah

Les films avaient été projetés le mardi 26 janvier à l’université, en amont du festival.

 

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Ce lundi 01/02, à Poitiers

Par Blandine – Jour 1

Nous avons pu assister à une inauguration officielle.

Puis les rencontres ont commencé…

D’abord, Bernard Noël nous a parlé de Bruits de Langues (le poème !).

Puis nous avons écouté les deux réalisateurs Valérie Osouf et Nicolas Ferran évoquer pour nous les questions d’identité nationale.

Ensuite, c’était le tour de Lidia Jorge, une auteure portugaise présentée par Morgane et Amandine.

Enfin, pour clore la journée, deux lectures théâtralisées. Les élèves du conservatoire avaient travaillé sur des extraits de Za de Jean-Luc Raharimanana ; et l’auteur Laurent Colomb nous a offert des lectures très expressives de son recueil Autochtones.