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Mardi 02/03/21

MARDI 2 MARS – Histoire(s) vraies et jeux de rôles

Comment donner la parole aux autres sans parler à leur place, voire les empêcher de la prendre. Comme Jean-Luc Godard l’a très bien dit au sujet des micro-trottoirs, on ne donne pas la parole en tendant un microphone et en disant, vas-y, parle !
François Beaune, notre auteur invité en résidence pendant toute la semaine, met au centre de son travail d’écrivain cette tâche depuis qu’il a récolté les histoires « vraies » sur les rives de la Méditerranée (La Lune dans le puits, 2013), en Vendée (Une vie de gérard en occident, 2016) ou dans les banlieues de Lyon (Dans ma zup, 2018).
Avec T.H. Gabriel, qui prendra la suite, nous passerons de la parole au corps, autour des jeux de rôles, inspirés par un univers futuriste, Doxa, permettant d’expérimenter d’autres existences plus tard dans la journée.
L’intermède est une plongée dans les agissements d’une police de sureté, pas si imaginaire que cela, concoctée par Frédéric L’Homme à travers son premier roman, Les Boiteux.

Les rencontres se déroulent dans la Salle des Actes (Attention : préinscription nécessaire – ci-dessous à chaque rencontre) et en ligne (diffusion en direct par iMedia : lien ICI)[1]Ne pas être surpris·e·s d’être redirigé·e·s ensuite sur la chaine YouTube de l’université.

Interventions de l’extérieur par Tchat, transmis au plateau. Tous les horaires sont indicatifs, nous tiendrons compte du live et des temps nécessaires de respiration.

Chaque rencontre sera diffusée en direct sur UpTV puis une retransmission sera disponible (les liens sont indiqués au fur et à mesure du programme).

Non, je me rendrai quand j’en aurai fini avec ce que j’ai à dire, tranquillement, sans pression. Pour l’instant je reste dans cette chambre, je ne bouge pas. Laissez-moi quelques jours, reprendre mes esprits, organiser ma défense. Prétentieux de dire cela, mais parfois il faut savoir faire jurisprudence.

François Beaune, Un ange noir, Verticales, 2011.

14:00-15:00 : Rencontre avec François Beaune

Entretien mené par Stéphane Bikialo et Jean-Jacques Teixeira.

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Le monopole de l’Ether a séparé le monde en 2 camps : Les mégacités et le monde extérieur. Futur post-cyberpunk et passé fantaisiste se côtoient sur une terre exploitée à l’extrême, créant un mélange lovecraftien piqué par 2 ou 3 doses d’adrénaline.

Au sujet de T.H. Gabriel, Doxa, 2021

15:00-16:00 : Rencontre avec T.H. Gabriel

Entretien mené par Alice Arménio Coïc et Hugo Sémilly.

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Il observa l »Alpine, noire comme toutes celles des boiteux, qui remontait la rue à grande vitesse. À une autre époque, la police judiciaire avait elle-même envisagé d’acquérir quelques-uns de ces bolides – pour ne pas perdre la face, en réalité – mais il était devenu rapidement clair que la vieille administration ne bénéficiait pas des largesses pécuniaires que l’État réservait à sa jeune rivale. Bien sûr, les choses étaient différentes aujourd’hui.

Frédéric L’homme, Les boiteux, Le Rouergue, 2020.

16:00 – 17:00 : Rencontre avec Frédéric L’Homme

Entretien mené par Denis Mellier, Inès Pichaud et Jean-Jacques Teixeira.

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17:00 – 18:00 : Présentation du jeu de rôle (en ligne)

Présentations du jeu de rôle par créneau de 30min.

Animation et modération : Alice Arménio, Quentin Légeron et Inès Pichaud.

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18:00 – 20:00 : Jeux de rôles (en ligne)

Animation et modération : sur une idée de Quentin Légeron

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Le jeu de rôle aura lieu sur le site Roll20 et est limité à 5 personnes. Si vous voulez participer, il faudra vous créer un compte sur la plateforme.

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Mercredi 03/02/21

MERCREDI 3 MARS – Mémoire(s) et politique

Nos mémoires sont défaillantes et nous avons tendance à nous fier désormais aux machines et serveurs, dont il n’est pas dit qu’il soient moins fragiles. Le premier soulagement à notre besoin de nous souvenir a été l’écrit, et il l’est toujours, même si les supports on changé. Donc aussi les livres, à la fois pour les auteurs ou autrices et pour nous lecteurs et lectrices.
Mercredi débutera par la mémoire de la Shoah au Brésil avec Maria Luiza Tucci Carneiro, en passant par celles d’Éric Pessan et Frédérique Cosnier, pour terminer par les années de plomb en Espagne, l’ETA, la terreur, mais aussi par la résistance politique (Toni Fejzula et Alfonso Zápico). Pourtant le mot d’ordre de l’exposition des planches de JKAL est « A veces, kisiera no saber leer. » (Parfois j’aimerais ne pas savoir lire.), or ce n’est qu’un moment du désespoir à surmonter, qui exprime l’ampleur des mauvaises nouvelles.

Les rencontres se déroulent dans la Salle des Actes (Attention : préinscription nécessaire – ci-dessous à chaque rencontre) et en ligne (diffusion en direct par iMedia : lien ICI)[1]Ne pas être surpris·e·s d’être redirigé·e·s ensuite sur la chaine YouTube de l’université.

Interventions de l’extérieur par Tchat, transmis au plateau. Tous les horaires sont indicatifs, nous tiendrons compte du live et des temps nécessaires de respiration.

Chaque rencontre sera diffusée en direct sur UpTV puis une retransmission sera disponible (les liens sont indiqués au fur et à mesure du programme).

À côté de l’esclave, le prêtre-exorciste ressemblait à un animateur de théâtre ambulant.  En fait, ce n’est pas toujours que la population d’Ourém a eu l’occasion d’assister à de tels spectacles.  Martinha […] a tourné en rond en tenant la tête d’une main et en traînant sa jambe droite comme si elle était blessée. Sur un ton de regret, il a supplié le public de retourner au cimetière et de répéter la cérémonie d’exhumation du cadavre. 

Ao lado da escrava, o padre-exorcista parecia um animador de teatro ambulante. Aliás, não era sempre que a população de Ourém tinha a oportunidade de presenciar espetáculos daquele tipo. Martinha […] andava em círculos segurando a cabeça com uma das mãos e arrastando a perna direita como se estivesse ferida. Em tom de lamento implorava ao público que retornasse ao cemitério e repetisse o cerimonial da exumação do cadáver.

Maria Luiza Tucci Carneiro, Os Diabos de Ourém (2020) , Les diables de Ourém, L’Harmattan, 2021 (à paraître).

14:00-15:00 : Rencontre avec Maria Luiza Tucci Carneiro (en ligne)

Animation et modération : Karina Marques, Jean-Jacques Teixeira, Manuel Ortiz de Galisteo Luque et Lola Berthomé (interprète).

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Je suis en lambeaux.

Je rentre après une fuite folle, j’ai voulu disparaître, j’aimais cette idée : l’absence brusque, la ramification des destins possibles. Seulement, j’ai échoué à m’estomper. Je reviens. Si la fuite est un mystère excitant, le retour est un échec pathétique. »

Eric Pessan, Incident de personne, Albin Michel, 2010.

15:00-16:00 : Rencontre avec Eric Pessan

Animation et modération : Luc Vigier.

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Je ne connaissais pas le chanteur. Le type qui s’éraillait la gorge sur un fond entêtant de basses et cordes sombres. Sylvain m’a dit qu’il s’appelait Gil. Il était mort, mais pas vraiment puisque toujours vivant à travers de nombreuses influences et à l’intérieur du petit poste, qui, ce soir, jouait encore sa voix. Je n’ai jamais pu oublier la première chanson que j’ai écoutée de lui ce soir-là. Elle tapisse encore la chambre de mes souvenirs, ma chambre de forces. Elle est Sylvain et la joie, elle est leur voix, leur corps. Me and the Devil

Frédérique Cosnier, Pacemaker, Le Rouerge, 2020.

16:00-17:00 : Rencontre avec Frédérique Cosnier

Animation et modération : Pauline Halbzajt, Eloïse Navarro et Estelle Roux.

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17:00-18:30 : Rencontre avec Alfonso Zápico et Toni Fejzula (en ligne)

Animation et modération : Judikaëlle Ballesteros, David Gonzalez et Ludivine Thouverez.

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2011 : l’ETA, organisation basque indépendantiste, dépose les armes. Un armistice inédit qui bouleversera le destin d’une Espagne divisée par la haine et le nationalisme.
Au cœur de ce conflit, deux familles, deux femmes : Bittori et Miren, amies d’enfance séparées par le terrorisme ; l’une est la femme d’une victime, d’un « assassiné », l’autre, la mère d’un terroriste. Cet événement résonne différemment chez elles.
Bittori, veuve d’un entrepreneur tué par l’ETA pour avoir refusé de payer son impôt révolutionnaire, revient dans son village qu’elle avait quitté après le meurtre. Elle veut savoir ce qu’il s’est passé ce jour-là et qui a tiré. Et si c’était Joxe Mari, le fils de Miren enrôlé par le groupe terroriste et qui a été vu au village le jour du meurtre ?

Ce roman graphique de Toni Fejzula suit ces deux familles aux destins opposés en dressant des portraits poignants de mères, de soeurs, de pères et de frères pris malgré eux dans la spirale de l’horreur. L’histoire, racontée par les différents personnages, alterne entre passé et présent dans la région du Guipuscoa, autour de Saint-Sébastien, centre explosif du nationalisme basque.

Source : Bulles d’encre

18:30-19:30 : Vernissage virtuel et atelier avec JKal (en ligne)

Visite guidée de l’exposition d’oeuvres de JKal par Ludivine Thouverez puis animation musicale en Salle des Actes avec Bernardo Soler Camara et Nolwenn Ganavat (en ligne).

Animation et modération : Ludivine Thouverez.

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Jeudi 04/03/21

JEUDI 4 MARS – Observation et résistance

Pour comprendre ce qui se passe dans le monde qui nous entoure et empoigne, nous commençons toujours par l’observer. Pour l’enregistrer il existe beaucoup de possibilités, prendre des notes, faire des croquis, filmer, se promener avec un microphone allumé comme John Travolta dans Blow out de De Palma. Mais c’est toujours le déchiffrage qui est le plus difficile. C’est ce que nous montrent les quatre auteurs et autrices invité·es du jeudi, s’ils et elles ne nous font pas participer à ce travail. Kathrin Röggla, Lucie Taïeb, Regis Lejonc et Maylis de Kerangal, avec des styles et des sujets très différents, peuvent passer pour quatre déchiffreuses et déchiffreur d’un monde qui se présente à nous ou bien dans une certaine illisibilité ou bien par un déchiffrage nivelé, normalisé et écrasant dans le discours des médias et politiques dominantes. Or « toucher le réel » ne saurait se faire sans perturber, mais rend aussi visible et audibles des aspects insoupçonnés.

Les rencontres se déroulent dans la Salle des Actes (Attention : préinscription nécessaire – ci-dessous à chaque rencontre)et en ligne (diffusion en direct par iMedia : lien ICI)[1]Ne pas être surpris·e·s d’être redirigé·e·s ensuite sur la chaine YouTube de l’université.

Interventions de l’extérieur par Tchat, transmis au plateau. Tous les horaires sont indicatifs, nous tiendrons compte du live et des temps nécessaires de respiration.

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là dehors, le nombre dissimulé fait rage. je vous le dis, oui, il y a un nombre dissimulé en marche, auquel on n’a pas d’accès. on dit sans chercher plus loin : un ménage sur dix ceci ou un ménage sur huit cela. de toute façon c’est déjà un huitième de la population, bientôt un sur 5. mais au fond nous ne savons pas du tout ce qui se passe, ce qui se passe vraiment – je dis juste : le nombre dissimulé ! nous ne savons pas ce qui se passe vraiment dehors, oui, là dehors ! parce que personne ne nous fournit les données exactes. malgré toute leur démoscopie. malgré toute leur culture de sondage, malgré leurs instruments démographiques, segments d’études de marché, frissons biométriques au contrôle d’identité, nous ne savons rien. c-à-d. nous avons des chiffres, des quantités énormes de chiffres en main.

da draußen tobt die dunkelziffer. das sage ich euch, ja, da ist eine dunkelziffer im gang, zu der man keinen zutritt hat. da heißt es schnell mal jeder zehnte haushalt dies oder jeder achte haushalt das. ein achtel der bevölkerung heißt es ohnehin schon, bald jeder 5. aber im grunde wissen wir gar nicht, was los ist, was wirklich los ist – ich sage nur: die dunkelziffer! wir wissen nicht, was draußen wirklich geschieht, ja da draußen! weil uns niemand die korrekten daten gibt. trotz ihrer ganzen demoskopie. trotz ihrer ganzen befragungskultur, trotz ihrer demoskopischen instrumente, marktforschungssegmente, den bielmetrischen zitterpartien, wissen wir nichts. d.h. wir haben zahlen, Unmengen von zahlen in der hand.

Kathrin Röggla, draußen tobt die dunkelziffer, Fischer 2005. (bilingue en 2007 : dehors peste le chiffre noir, presses universitaires du Mirail. (trad. modifiée)

À l’instant même où je referme le roman de DeLillo, je fais mienne cette aspiration: « Comprendre tout ça. Pénétrer ce secret. » La décharge ne m’a plus quittée, occupant mon esprit comme seul peut le faire ce qui suscite en nous – serait-ce inexplicable – un sentiment d’amour. Les déchets me sont apparus comme un continent immense, tentaculaire et jusque-là invisible, qu’il me fallait conquérir, pas à pas, livre après livre. Au sous-sol de la Bibliothèque nationale, je constitue la bibliographie qui devra me permettre de cerner cette réalité protéiforme, si lointaine, si étrangère, et qui cependant me touche intimement.

Lucie Taïeb, Freshkills, 2020.

14:00-15:30 : Kathrin Röggla (en ligne) en dialogue avec Lucie Taïeb

Animation et modération : Martin Rass et Leopold von Verschuer (à Cologne).

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Ce jeune africain rêve de goûter au sirop de Paris-Paradis. Mais Saka-Mama, sa mère, cherche les mots pour le dissuader de suivre le chemin des mirages. En vain.
Même Oumar le vieux griot essaie de le retenir, et fort de sa grande sagesse, lui rappelle que le mensonge donne de très jolies fleurs mais pas de fruit. Pourtant la fascination est trop grande et Moussa quittera le village pour tenter sa chance dans ce pays lointain, avec dans les yeux tous les soleils de l’Afrique…

à propos de Regis Lejonc, Paris-Paradis, Ricochet, 2011.

15:30-16:30 : Rencontre avec Régis Lejonc

Animation et modération : Tangui Le Bolloc’h et les étudiant.es de L2 du parcours LEMM.

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Ce qui se tient là, dans cette rue de Bruxelles au bas du quartier Saint-Gilles, rue quelconque, rue insignifiante, rue reprisée comme un vieux bas de laine, est une maison de conte : cramoisie, vénérable, à la fois fantastique et repliée. Et déjà, pense Paula qui a mal aux cervicales à force de renverser la tête en arrière, déjà c’est une maison de peinture, une maison dont la façade semble avoir été prélevée dans le tableau d’un maître flamand : brique bourgeoise, pignons à gradins, riches ferrures aux fenêtres, porte monumentale, judas grillagé, et puis cette glycine qui ceint l’édifice telle une parure de hanches. Alors, exactement comme si elle entrait dans un conte, exactement comme si elle était elle-même un personnage de conte, Paula tire la chevillette, la cloche émet un tintement fêlé, la porte s’ouvre, et la jeune fille pénètre dans l’Institut de peinture ; elle disparaît dans le décor.

Maylis de Kerangal, Un monde à portée de main, Verticales, 2018.

Extrait de: Maylis de Kerangal. « Un monde à portée de main. » iBooks.

16:30-17:30 : Rencontre avec Maylis de Kerangal

Animation et modération : Laura Berrié, Alice Armenio-Coïc et Hugo Sémilly.

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Vendredi 05/03/21

VENDREDI 5 MARS – Journée d’études Intermédialités créatives

Si l’intermédialité intéresse depuis quelques décennies les chercheurs et chercheuses (on date les recherches s’inscrivant dans ce cadre des années 1980, même si on peut en trouver des prémisses sous d’autres noms – et notamment le rapport texte/image au FoReLLIS depuis les années 1990), l’ensemble des relations et interactions de plusieurs médiums ou médias au sein d’une œuvre est un enjeu de la création artistique depuis des siècles, voire depuis l’origine de la littérature.
Le laboratoire FoReLLIS va consacrer les prochaines années à clarifier les enjeux théoriques des médialités et de l’intermédialité.
Le festival « Bruits de langues » a décidé d’apporter sa pierre à cette réflexion en réunissant quelques auteurs et autrices du festival pour les faire dialoguer, ensemble et avec des chercheurs et chercheuses, sur ces questions d’intermédialité.
Il s’agira donc d’une journée d’études en « création et recherche » où l’accent sera mis sur l’intermédialité du point de vue de la création, ou plutôt des points de vue de la création, car les points de vue comme les médiums et médias évoqués seront hétérogènes – et cela nous réjouit.
Et de nous interroger sur une pratique de l’intermédialité contemporaine, l’intermédialité étant toujours à historiciser, et à situer à la fois par rapport aux techniques du moment et à l’originalité de leur utilisation par les auteur-e-s/artistes.

Ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’il sera question de

  • ce qu’on fait des voix des autres, de celles et ceux qu’on rencontre (François Beaune), celles qui nous proviennent du brouhaha du monde contemporain, les domaines de travail connecté et déconnectés, oublieux de leur propre histoire, ou simplement perdues et déroutées (Kathrin Röggla). Que faire de toutes ces voix ? De cette matière première : enregistrer, citer, couper, monter, reformuler, donner voix, faire entendre, tout est possible lorsqu’on est « à l’écoute ».
  • la manière dont se conduisent des projets à quatre mains, que ces projets soient centraux (les nombreuses collaborations de Régis Lejonc illustrateur avec des auteurs ou autrices comme Henri Meunier, Olivier Douzou, Thomas Scotto… ou de Régis Lejonc scénariste avec des illustrateurs comme Riff Reb’s pour  La Carotte aux étoiles), ou marginaux (Dans ma zup de François Beaune avec des dessins de Fabrice Turrier ; Pierre Feuille Ciseaux de Maylis de Kérangal avec le photographe Benoît Grimbert, 2012) dans la pratique artistique des auteurs ou autrices, par exemple le dessin pour Eric Pessan, qui lui sert à interroger le quotidien autrement, autant qu’il peut raconter ses photos de famille (2020) en se frottant au trait de Delphine Bretesché.
  • la réflexion sur la narration graphique et verbale, à travers les genres de la bande-dessinée (Patria de Toni Fejzula), de l’album jeunesse (Régis Lejonc), du dessin écrit (Eric Pessan)…
  • le travail sur l’objet livre et toutes les formes de sortie du livre, de littérature exposée, lors de performances (Eric Pessan, François Beaune), lors d’adaptations cinématographiques (Maylis de Kérangal), lors d’expositions (Régis Lejonc), lors de mises en scènes théâtrales (Eric Pessan, Kathrin Röggla), de fictions radiophoniques (Eric Pessan), mais aussi dans des adaptations pour écran.

Programme

La journée d’études est accessible uniquement en ligne : ICI pour suivre et intervenir pendant la matinée[1]Journée rendue possible grâce à l’aimable soutien et accueil de l’Espace Mendès-France, Poitiers, qui ouvre ses portes pour les écrivains et écrivaines, chercheurs et chercheuses

9h Ouverture par Stéphane Bikialo et Anne-Cécile Guilbard

9h15-10h30 – Albums, objets livres, littérature exposée et dessinée

Éric Pessan et Régis Lejonc en dialogue avec Stéphane Bikialo et Martin Rass

10h45-12h Bande-dessinée et roman graphique

 
Autour Patria de Toni Fejzula (Ludivine Thouverez) et de Dans ma ZUP de François Beaune (Catherine Rannoux)

 

12h-14h Repas

La journée d’étude est accessible uniquement en ligne : ICI pour suivre et intervenir pendant l’après-midi

14h-15h De la voix, au livre, à la scène

Kathrin Röggla (contribution en allemand/texte bilingue) et François Beaune, en dialogue avec Stéphane Bikialo et Martin Rass

die unvermeidlichen – les inéluctables, pièce radiophonique de Kathrin Röggla (de)
 

15h-16h Intermédialités thématisées 

Maylis de Kerangal (Hugo Sémilly) et François Beaune (Stéphane Bikialo)

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1 Journée rendue possible grâce à l’aimable soutien et accueil de l’Espace Mendès-France, Poitiers, qui ouvre ses portes pour les écrivains et écrivaines, chercheurs et chercheuses
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Ambiances, expériences BDL 2020

Plier une hirondelle

Jeudi 6 février, la rencontre entre Margret Kreidl et Lucie Taïeb, qui devait être « juste » un dialogue entre deux écrivaines, l’une autrichienne, l’autre française, a été introduite par une performance surprise. Comme la lecture inattendue de Lampedusa Beach, la veille, par Céline Sammie, ce fut un moment fort du festival et nous a consolé du fait que le texte français de Eine Schwalbe falten n’était pas encore disponible.

Sümeyra Yilmaz, comédienne, étudiante et amie de Margret Kreidl dans son cours d’écriture au séminaire Max Reinhardt à Vienne, nous a présenté un large extrait du texte en lecture performée. Quelques heures sous la direction de Lucas Ceypek et Margret Kreidl ont suffi pour donner à ce qu’elle même a appelé une improvisation un habit très professionnel et élaboré.

« La chambre a une porte et une fenêtre. Deux ailes. Il y a un chapeau sur la chaise. Une tache jaune, une corde blanche. Les marguerites brillent sur la nappe. Aujourd’hui le lit est bleu. Le rideau tremble. Marron, et chaussettes. Regarde avant de sauter. »

Margret Kreidl, Plier une hirondelle, Les inaperçus, 2020.

Mais je vous laisse juger vous-mêmes. Pour vraiment apprécier la lecture, je l’ai extraite de la vidéo de la rencontre complète.

Plier une hirondelleMise à jour 8 juin 2020 : On peut commander le livre chez les Inarperçus et le trouver désormais en librairie, Nathalie Quintane a écrit une préface et Carole Darricarrère une critique sur Sitaudis

à lire :

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Quintane, N. (2010). Tomates. POL.
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Quintane, N. (2018). Un œil en moins. P.O.L.

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BDL 2018 Mercredi 07/02/18

1 jour / 1 spectateur.rice – Mercredi 7 Fevrier

CHAQUE JOUR DU FESTIVAL BRUITS DE LANGUES, SUIVEZ UN.E SPECTATEUR.RICE ET DÉCOUVREZ QUI VIENT ASSISTER AUX RENCONTRES…

Par Lucile et Violaine

#BDL2018 Jour 3 : 07/02/18

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→ Si vous deviez caractériser BDL / votre journée / l’ambiance en quelques mots, quels seraient-ils ?

Très foisonnante

→ Comment avez-vous entendu parler de BDL ? Est-ce votre 1ère édition et reviendrez-vous l’année prochaine ?

J’y viens tous les ans, je venais déjà à Ecrivains présents. Depuis 20 ans que je suis à Poitiers, je n’ai pas raté une seule édition.

→ Qu’est-ce que vous avez tiré de ces rencontres ? Qu’avez-vous préféré ?

J’en ai tiré une plus grande curiosité pour la littérature d’aujourd’hui, plus de variété dans mes lectures : je lisais de la poésie et des essais essentiellement, maintenant je lis également des romans.

J’ai beaucoup aimé Tanguy Viel, j’ai d’ailleurs acheté un de ses ouvrages. J’ai trouvé Nina Yargekov très intéressante, surtout quand elle disait qu’elle ne faisait pas d’illusions, qu’on restait dans l’entre-soi, même si ça ne l’empêche pas d’écrire. J’ai aussi apprécié Xabi Molia car je suis fan de cinéma.

→ Si vous deviez inviter un auteur, mort ou vivant à BDL, lequel choisiriez-vous ?

Ce serait René Char mais ce serait compliqué, même s’il était vivant. Ou bien Pascale Ferran, une cinéaste qui écrit à partir du roman L’amant de lady Chatterley.

Merci à Joëlle Fontaine, participante à l’université citoyenne de l’université de Poitiers

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Mardi 06/02/18

Rencontre des sonorités, lecture d’Athènes – Disjonction

L’auteur Christos Chryssopoulos et Michel Briand, professeur de l’Université de Lettres et langues de Poitiers, se sont livrés à une lecture improvisée d’Athènes – Disjonction, l’une des dernières oeuvres de l’écrivain, rythmée des ses propres photographies qui parcourent et illustrent le livre original.

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Deux souffles, deux langues qui se rencontrent, un échange entre deux hommes, passé et présent, français lu par un expert de grec ancien, et grec moderne lu par un auteur marqué par le sort contemporain de son pays.

« Quand on parcourt la ville en la photographiant, on prend conscience de quelque chose que seuls ceux qui prennent des photos sont capables de percevoir : elle est criblée de trous noirs. Les endroits où il n’y a absolument rien sont légion. Je ne reviens jamais voir les lieux que j’ai photographiés. L’arbre qui se dresse seul dans la ruelle qui donne sur l’avenue Singrou. Le mannequin dans le terrain vague de la rue Éolou. Le sex -shop ouvert la nuit… Le cliché que j’en ai pris les a effacés. Et je me déplace dans la ville entre ces trous noirs qui sont les photographies que j’ai déjà prises. Et plus je poursuis ma promenade avec mon appareil, plus les trous noirs se multiplient, les passages de l’un à l’autre se font de plus en plus étroits, les endroits intéressants que je pourrais observer se raréfient et petit à petit je taris la ville. Morceau par morceau, je la supprime. Il y a déjà des quartiers entiers et des rues, des bouts de l’horizon qui ne sont plus là. Et plus la ville diminue, plus mon angoisse grandit, quand je reviens dans ces rues de plus en plus difficiles à traverser, de plus en plus indifférentes. Mes photographies représentent la nervosité de l’homme qui respire avec peine et fébrilité le peu d’air qui lui reste. À un moment, j’épuiserai Athènes, elle ne contiendra plus rien pour moi. Je serai alors encerclé par les traces noires rectangulaires de mes photographies. Je pense qu’alors je tournerai l’appareil vers moi. Pour que ma dernière photographie soit un autoportrait. Et que je disparaisse ainsi dans le trou noir de la dernière image.« 

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Un moment hors du temps, d’écoute et de médiation, au son de deux voix qui se succèdent. Qui nous parlent d’une même écriture, dans deux mélodies différentes, d’un même sujet : l’Athènes d’aujourd’hui, marquée par le passé, le plus lointain, mais aussi le plus proche, la crise.

« Christos Chryssopoulos raconte par l’image l’Athènes d’aujourd’hui, cette ville secrète et blessée qui n’appartient à personne. Il porte sur elle un regard tendre et inquiet et en débusque les failles, s’étonnant encore et toujours, et accompagnant de ses mots la ville en crise. » Athènes – Disjonction, éditions Signes et Balises.

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BDL 2018 Mardi 06/02/18

1 Jour / 1 Spectateur.rice – Mardi 6 Février

Chaque jour du festival Bruits de Langues, suivez un.e spectateur.rice et découvrez qui vient assister aux rencontres…

Par Lucile et Violaine

#BDL2018 Jour 2 : 06/02/18

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Instructif.
C’est toujours intéressant de rencontrer de nouveau de nouveaux auteurs, on se fait une bonne idée des œuvres mêmes si on ne les a pas lues.

Oui, je reviendrai avec plaisir !
J’en ai entendu parler l’année dernière quand je suis arrivée à la faculté de Lettres et Langues par les profs et les étudiant.es

Ce que j’aime, c’est l’interaction avec le public. Il n’y a pas de distance entre l’auteur ou l’autrice et le public. Ce que je préfère, c’est la convivialité et la découverte de nouveaux auteurs et nouvelles autrice, ça nous pousse à les lire.

Eric-Emmanuel Schmitt. J’ai seulement lu Lorsque j’étais une oeuvre d’art (éditions Albin Michel) mais j’ai vraiment adoré.

Merci à Elodie Andrieu, étudiante à l’Université de Poitiers.

 

 

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BDL 2018 Lundi 05/02/18

Interview – Tanguy Viel

À l’occasion du festival Bruits de Langues, Tanguy Viel nous parle de sont dernier roman paru, Article 353 du Code Pénal.

Tanguy Viel : Je ne pense pas que ça soit parti de l’idée même de justice même si elle est centrale dans le roman mais je pense que ça devait être le moment où j’avais envie que le roman ait une fonction réparatrice et pourquoi pas de revanche sociale, de vengeance peut-être. Enfin tout ce genre de vocabulaire de retournement que seule la justice pouvait mettre en scène. Plutôt utiliser la justice comme la lumière au bout d’un tunnel. Je ne pense pas vous dire que je me suis réveillé un jour en disant « Oh je vais faire un livre sur la justice ! ». J’ai le sentiment que j’ai fait grandir, j’ai transformé les formes pulsionnelles que j’avais envie de mettre en scène dans l’écriture. J’ai trouvé un peu miraculeusement l’intrigue qui fait que ça tient, que ça scénographie exactement les contours de l’épaisseur psychique que l’on peut trouver dans roman.

T.V. : Ce n’est pas le mot qui me vient à l’esprit. Ce n’est pas ce à quoi je pense quand j’écris. Peut-être la dénomination de roman noir. Dès lors qu’il y a un meurtre, des éléments de justice, de paysage comme on en a dans un roman noir, un peu américain. Donc ça ne me dérange pas qu’on appelle cela un roman noir, je ne suis pas sensible à la définition. Mais quand on parle de thriller, polar, c’est vrai que je tique un peu.

T.V. : Oui, je pense que c’est plus comme une diffraction de l’existence dramatisé par des éléments policiers de base. J’ai plus l’impression de faire un roman existentiel.

T.V. : Je suis du côté de narrateur, de ce personnage-là. J’essaie de me débrouiller avec la matière de son existence en lambeaux. Cette existence s’est plus ou moins rassemblée dans un point de fuite, point de chute  qui est un meurtre. Pour moi, c’est la recomposition d’une existence qui m’intéresse au fond. D’un point de vue romanesque, le meurtre est purement salutaire. Il l’est psychiquement. C’est pour ça aussi que la justice peut répondre, préfère sauver une âme que faire régner le pur état de droit. Voilà, je n’ai pas de réponses précise à la question (rires).

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BDL 2018 Lundi 05/02/18

1 jour / 1 spectateur.rice – Lundi 5 Février

Chaque jour du festival Bruits de Langues, suivez un.e spectateur.rice et découvrez qui vient assister aux rencontres…

Par Lucile et Violaine

#BDL2018 Jour 1 : 05/02/18

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Échange, littérature vivante, politique, plurilinguisme

Je travaille à la faculté de Lettres et Langues. J’ai déjà participé aux éditions précédentes et invité des auteurs.
Oui, bien sûr que je reviendrai l’année prochaine.

J’ai adoré la rencontre avec Nina Yargekov que j’ai trouvée drôle, précise, romanesque, comme dans son roman.
J’ai aussi été très intéressée par la conférence sur la Grèce, notamment par sa dimension politique.

Il y en a beaucoup que j’aimerais inviter. Eric Vuillard par exemple, Camille de Toledo, Rachel Cusk… La littérature est vivante et le champ littéraire francophone est très riche et très intéressant.

Merci à Raphaëlle Guidée, Maître de conférences en littérature comparée à l’Université de Poitiers