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BDL 2019 Mardi 05/02/19

Retour sur la deuxième journée

Le festival continue avec une nouvelle journée de conférences. Au programme du jour, Camille de Toledo, Arno Bertina, Nathalie Fillion, Victor Abbou et Simon Attia.

Camille De Toledo

Camille De Toledo. Artiste, vidéaste, écrivain, il est difficile de le présenter tant son oeuvre est prolifique. De la même manière, il écrit aussi bien du roman, des fables que de la poésie. Il nous présente son nouveau roman graphique Herzl, une histoire européenne, illustré par Alexander Pavlenko. La vie d’Ilia Brodsky, son exil à travers l’Europe, de la Russie à l’Angleterre, sa rencontre avec un jeune Theodor Herzl, son désir de comprendre.

La rencontre se centre sur l’Europe et sa polyphonie. Des questions essentielles sont posées: Comment faire un espace politique quand on ne parle pas la même langue ?

Camille De Toledo nous dit qu’il a toujours en lui une part de spéculation utopique et une part de déception. Avant d’emménager à Berlin, il avait un espoir que l’entité allemande ait totalement disparu, mais la reconstruction de cette entité, il l’a vécu, comme un cycle noir sans fin. Par ses écrits, Camille De Toledo veut laisser une trace de l’espoir pour l’avenir, une sorte de chemin qui donne des ressources à des lecteurs dans l’avenir.

Arno Bertina

Arno Bertina vient nous présenter son nouveau roman engagé, Des châteaux qui brûlent. Un secrétaire d’Etat séquestré par les salarié.e.s d’un abattoir placé en liquidation judiciaire. Une scène en huis clos qui change pour Arno Bertina qui a eu longtemps l’impression que ses personnages devaient être en mouvement pour que leurs mouvements intérieurs ressortent. On y retrouve tout de même une certaine agitation dans la révolte.

Dans toutes formes de révolte, l’auteur nous dit qu’il y retrouve un esprit de fête. Lorsque l’on se révolte, on veut s’émanciper des lois et donc retrouver une forme de liberté, de célébration. Arno Bertina prend exemple sur l’actualité avec les Gilets Jaunes. On peut retrouver dans les tags et slogans des manifestant.es une inventivité verbale qui s’exprime systématiquement avec humour. De même avec le phénomène des ronds points, on redécouvre une sociabilité plus vaste que celle du café. C’est d’ailleurs cet effet de célébration qui fait pression sur l’Etat, car plus la fête est expensive, plus elle est inquiétante.

Nathalie Fillion

Nathalie Fillion se décrit elle-même comme une femme de théâtre. Écrivaine, metteuse en scène, actrice. L’humour est omniprésent dans son écriture. Faire rire est quelque chose de vital pour elle.

« Quant à l’humour, il est comme le port du casque dans un chantier, obligatoire ».

À l’Ouest

Même sur des sujets très grave, Nathalie Fillion arrive à faire rire comme avec sa pièce À l’ouest  qui traite de l’argent au sein d’une famille. Les personnages sont décrits avec beaucoup d’humour et les lecteur.ices se retrouvent à rire à chaque page. Nous avons d’ailleurs retrouvé Studio Monstre et le Conservatoire de Poitiers le soir même à la Maison des Trois Quartiers pour une lecture de cette oeuvre. Une représentation mise en scène par Daisy Body, pour laquelle elle a effectué quelques coupes mais qui conserve toute la profondeur des thématiques traitées par la pièce. 

Le festival s’appelant Bruits de Langues, Nathalie Fillion revient sur l’importance qu’elle apporte aux bruits de la langue française. Pour elle, la musique est le plus grand des arts, elle entend la langue avant de l’écrire. De même sa formation d’actrice l’aide à apprécier la prononciation et la sensualité de la langue. C’est quelque chose qui se retrouve dans ses écrits. Elle nous confit qu’elle aimerai pouvoir écrire dans toutes les langues. Ses textes sont traduits dans différentes langues qu’elle ne maîtrise pas forcement et on peut donc se demander si son travail sur la langue se ressent également dans ces traductions.

Victor Abbou et Simon Attia

Victor Abbou témoigne dans son autobiographie Une clé sur le monde de cette période qu’on appelle L’Eveil des Sourds. En 1880, la langue des signes à été interdite. Pendant près de 100 ans elle a été oublié et n’a vécu aucune évolution. Victor Abbou lui-même n’a pas pu rentrer à l’école avant l’âge de 9 ans, il ne savait ni lire, ni écrire, ni signer. Le 21 février 1977, il est témoin de l‘installation de l’IVT (International Visual Theatre) au Château de Vincennes. Là il rencontre Alfredo Corrado (sourd américain) et Jean Gremion (entendant français). C’est la première fois que Victor Abbou voit un entendant signer, c’était quelque chose de totalement inédit. Grace à cette organisme la France va voir émerger le métier d’interprète de langues des signes, jusqu’alors inexistant, ce qui va vraiment être une avancé dans la culture sourde.

Une clé sur le monde est édité par Eyes Editions. C’est une maison d’édition qui représente bien l’ouverture sur le visuel. Pour chaque chapitre, on retrouve un QR code renvoyant à une interview de Victor Abbou pour plus d’informations. 

La rencontre se poursuit lorsque Victor Abbou est rejoint par Simon Attia pour performer un extrait de leur spectacle « Frères Rivaux ». Cette pièce, plaisante et touchante, met l’accent sur un humour visuel et la richesse de la langue des signes.

On vous retrouve demain pour de nouvelles aventures.

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BDL 2019 Lundi 04/02/19

Retour sur la première journée

Ce lundi 4 février, la 9ème édition des Bruits de Langues démarre à l’université de Poitiers. Le festival s’ouvre par une série de discours de la part de ses partenaires. Des encouragements et des remerciements envers Martin Rass, Stéphane Bikialo et les étudiantes du Master LiMès, organisateur.trice.s de ce festival unique en France. 

« Rencontrer la littérature, la poésie, s’intéresser aux auteurs contemporains, sont de véritables atouts dans notre société. »

Nous dit la vice-présidente en charge de la culture.

Pour clôturer cette cérémonie d’ouverture, un hommage est rendu à Jean-Richard Bloch (écrivain, homme politique, journaliste et poète français du XXème siècle) avec la lecture d’un extrait de son livre Destin du Siècle (Chapitre 3 : Entre Apollon et Marsyas).

Elitza Guerguieva

Elitza Gueorguieva prend ensuite place devant l’assemblée. Lumière tamisée. Décor sombre. Elle nous raconte le procédé qui l’a menée à écrire son premier roman Les Cosmonautes ne font que passer. Pour ce faire, elle utilise une pointe d’humour accompagnée d’objets divers et variés: une photo de son chien, une médaille, une carte postale… Le récit d’une jeune narratrice qui rêve de devenir cosmonaute, comme Iouri Gargarine, dans une Bulgarie post-communiste.

Camille Cornu

Elitza est ensuite rejointe par Camille Cornu, autrice du roman Habilités sociales. Les deux romancières échangent sur leurs différentes expériences. Elles sont en effet toutes les deux issues du Master Création Littéraire de l’université de Paris 8.

Marie Cosnay

16h. La conférence avec Marie Cosnay démarre. Autrice d’une trentaine de livres. Publiée chez différents éditeurs. On ne la présente plus. Elle est venue nous présenter son dernier ouvrage Éléphantesque. Mêlé d’archives et de narration c’est un livre conçu en famille qui malgré le sujet qu’il traite a donné du plaisir à l’autrice.

Alexander Kluge

En fin d’après midi, on contacte Alexander Kluge, cinéaste et écrivain allemand,  via Skype pour une conférence interconnectée. Une rencontre traduite et animée par Martin Rass. Des scènes extraites de sa filmographie viennent imager son cinéma militant, notamment sur l’édition de ses œuvres complètes sous le titre La Chronique des sentiments, deux volumes déjà sortis.

Comment accueillir ?

La journée se termine à l’Espace Mendès-France qui ouvre exceptionnellement ses portes un lundi pour nous accueillir. On y retrouve Marie Cosnay en compagnie de Camille Louis pour un échange sur la langue de l’hôte. Une discussion très émouvante sur la migration et l’accueil des migrant.e.s en France comme ailleurs. 

La langue de l’hôte – enregistrement audio de la rencontre

Une belle réussite pour ce premier jour de festival.