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BDL 2021

Arnaud Rykner

« Notre vie est faite de tous ces chemins que nous n’avons pas pris. »

La Belle image (2013)

Arnaud Rykner est romancier, chercheur, enseignant et metteur en scène. Ses romans explorent les âmes de ses personnages : un enfant solitaire isolé parmi d’autres, une femme perturbée qui se cherche en bord de mer, un homme blanc épris d’une femme étrangère dans un pays oriental, un jeune homme dans le wagon qui le mène avec trop de ses camarades à Dachau… Des situations basculent dans des lieux vacants où l’esprit n’a plus ses repères, où l’intime bouleversé emporte tout. Il écrit des solitudes, des exils forcés par l’existence personnelle ou, dans son dernier roman, Le wagon, par l’histoire collective, recentrée en fiction sur un individu. La langue qu’il manie est simple et subtile, de celles que connaissaient Sarraute ou Duras ; une voix en retrait, souvent un monologue intérieur aux phrases courtes qui reprennent sans cesse comme pour tenter de saisir ce qui échappe, la ténuité des sentiments qui laissent impuissant devant leur force et leurs mouvements.

Bibliographie d’Arnaud Rykner :

Mon roi et moi (1999)

Je ne viendrai pas (2000)

Blanche (2004)

Nur (2007)

Enfants perdus (2009)

Le Wagon (2010)

Lignes de chances (2012)

La Belle image (2013)

Dedans dehors (2015)

Dans la neige (2016)

Les serments discrets (2021)

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BDL 2021

Adeline Picault

Biographie

Adeline Picault publie ses premiers monologues aux Editions Théâtrales en 2007 (Et Elsa boit, Emoi au bord du monde et Un homme à la ligne, réunis dans le recueil Etroits petits tours). En 2011, ses pièces Parking et Bats l’enfance paraissent chez Actes Sud-Papiers. Elle écrit également pour la radio (Finir à l’infini, Et d’un ventre pleure une montagne, diffusés sur France Inter en 2007), pour la Comédie-Française (Les Lacets, « L’Avant-Scène Théâtre », 2010), et pour différents théâtres et compagnies (notamment Fragment pour la compagnie Arthur Harel en 2011). Comédienne de formation, elle est aussi chercheuse en Etudes Théâtrales et Littérature comparée, et anime régulièrement des ateliers d’écriture à l’Université, ou dans les collèges et lycées. Elle est boursière du Centre National du Théâtre, du Centre National du Livre, de l’Association Beaumarchais – SACD, et a reçu le prix de la Jeune Nouvelle, le Prix SACD/ France Inter/ France Culture, ainsi qu’un prix de poésie pour L’Outre-toi.

Bibliographie

  • Parking suivi de Bats l’enfance, Actes Sud Papiers, 2011, théâtre.
  • Les lacets dans L’Argent, L’Avant-scène théâtre – La Comédie-Française, 2009, théâtre.
  • Etroits petits tours, (Et Elsa boit, Un homme à la ligne, Emoi au bord du monde), Editions Théâtrales, 2008, théâtre, trois monologues.
  • Florilège du Prix Jean Aubert 2006 (extraits du recueil L’Outre-toi), Editions flammes vives, 2006, poésie.
  • Paroles de femmes, (La déchirure), Editions des arènes, 2007, nouvelle.
  • Paroles de femmes, (La déchirure), Editions Broché, 2007, nouvelle.
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BDL 2021

John Harvey

« On a beau s’attendre à voir des horreurs, il est toujours possible de trouver pire. »

Preuve vivante (1995)

Écrivain britannique, né à Londres le 21 décembre 1938, poète, romancier et dramaturge, John Harvey enseigne l’anglais et le théâtre dans un Lycée jusqu’en 1975, puis la littérature et le cinéma à l’Université de Nottingham de 1980 à 1986, avant de s’investir complètement dans l’écriture. Il publie d’abord des poèmes et crée la maison d’édition Slow Dancer Press en 1977. Sa passion pour le polar naît après la lecture d’Elmore Leonard et c’est après avoir produit quelques pulps qu’il publie son premier roman policier : Cœurs solitaires. Ainsi naît Charles Resnick, policier d’origine polonaise, amateur de jazz et amoureux des chats, qui donne la célébrité à son auteur. Reznick figure dans une série de romans entre 1989 et 1998. Reznick a fait retour récemment dans Cold in Hand (2008). Harvey fait de Nottingham, la ville où réside son héros, le miroir du Royaume uni et décrit la société britannique actuelle sans en cacher les aspects les plus sombres. Flesh and Blood, premier opus d’une trilogie mettant en scène un autre héros, Frank Elder, a obtenu deux prix littéraires. Harvey a aussi été lauréat en 2007 du prestigieux prix Cartier Diamond Dagger pour l’ensemble de son œuvre (près d’une centaine de romans). Il écrit également pour la télévision et la radio. Ses romans sont publiés en France dans la collection Rivages/noirs.

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Lundi 01/03/21

LUNDI 1er MARS – Contes et catastrophes

Les invisibles, les disparu·es nous accompagnent : en 2019, Marie Cosnay et Camille Louis sont venues nous parler de l’hospitalité désavouée, en 2020, Céline Samie a performé Lampedusa Beach, terrible histoire d’une noyade, imaginée par Lina Prosa.
Cette année nous accueillons Ali Zamir, et en ouverture des élèves de 3e année de la section du conservatoire pour présenter un montage de 15 minutes de son roman d’Anguille sous roche et un autre de la même durée du Tropique de la violence de Nathacha Appanah.
Laurine Roux viendra ensuite évoquer son univers post-apocalyptique, qu’elle met en oeuvre dans Une immense sensation de calme et Le Sanctuaire, d’autres formes de catastrophe, à la fois imaginaires et bien réelles dans ce qu’on y lit de la domination masculine.
Et nous finirons par les contes de deux conteuses, Michèle Bouhet et Monique Burg, qui racontent vies et luttes de petites gens, en poitevin-saintongeais et occitan, ces langues minorées, que « Bruits de langues » fait chaque année entendre.

Une journée de catastrophes, de contes, résolument intersectionnelle !

Les rencontres se déroulent dans la Salle des Actes (Attention : préinscription nécessaire – ci-dessous à chaque rencontre) et en ligne (diffusion en direct par iMedia : lien ICI)[1]lien actif à partir de lundi 12:30, ne pas être surpris·e d’être redirigé·e·s ensuite sur la chaine YouTube de l’université.

Interventions de l’extérieur par Tchat, transmis au plateau. Tous les horaires sont indicatifs, nous tiendrons compte du live et des temps nécessaires de respiration.

Chaque rencontre sera diffusée en direct sur UpTV puis une retransmission sera disponible (les liens sont indiqués au fur et à mesure du programme).

13:30 Ouverture

Discours introductifs des organisateurs et organisatrices du festival et des partenaires : Hélène Yèche (Directrice de l’UFR lettres & langues), Sybille Lajus (vice-présidente à la culture, à la vie étudiante et au sport de l’université de Poitiers), Charles Reverchon-Billot (délégué à la culture de la Ville de Poitiers), Vincent Calvet (DRAC – livres), Tangui Le Bolloc’h (Plac’art et président du festival) et Manu Gaydon (Le CLOU), Stéphane Bikialo et Martin Rass (pour l’association culture LL).

Présentation du programme du festival.

Ali Zamir

14:00-14:30 : Lectures scéniques

Des extraits d’Ali Zamir, Anguille sous roche et Nathacha Appanah, Tropique de la violence, performés par les élèves de 3e année de la section théâtre du conservatoire sous la direction de François Martel.

Cliquez ICI pour voir les lectures scéniques en rediffusion.

Oh, la terre m’a vomie, la mer m’avale, les deux m’espèrent, et maintenant que je reprends mes esprits, je ne vois rien, n’entends rien, ne sens rien, mais cela ne pèse pas un grain puisque je ne vaux rien, pourquoi me laisserais-je broyer du noir alors que tout va finir ici…

Ali Zamir, Anguille sous roche, Le tripode, 2016.

14:30-15:30 : Rencontre avec Ali Zamir

Entretien mené par Sophia Evezard et Juliette Guy

Cliquez ICI pour vous inscrire (seulement pour participer à la rencontre en présence, le lien pour la diffusion en direct est en haut de la page).

Cliquez ICI pour visionner la rencontre en rediffusion.

J’honore ta présence
J’honore ton flair
J’honore ton sang

Puis le coup de lame à travers la jugulaire. Pour éviter d’attirer les charognards, il faut l’éviscérer rapidement. Les organes au sol forment une fleur nauséabonde. 

Laurine Roux, Le Sanctuaire, Édition le Sonneur, 2020.

15:30-16:30 : Rencontre avec Laurine Roux

Entretien mené par Doriane Freiche et Clément Sauty.

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Le triomphe de l’audace raconté en histoires et en chansons.

Même si les combats auxquels se livrent nos héros paraissent démesurés, ils ne sont pas perdus pour autant. Grâce à leur rage de vivre, nos personnages vont trouver le moyen de triompher en activant les leviers de l’imagination et de la solidarité.

Michèle Bouhet, Petites histoires de grand courage.

16:30-18:00 : Paroles de conteuses avec Michèle Bouhet et Monique Burg

Entretien mené par Marianne Vergez-Couret, suivi et entremêlé de lectures.

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Monique Burg

Et moi je suis bien contente quand je vois les mecs qui viennent à la fin du spectacle me
dire que c’est leur femme qui a voulu qu’ils viennent : « Je dois dire qu’elle a eu raison,
c’est bien ce que vous faites » ou : « Je dois dire que je pensais que c’était pour les
enfants ! Alors là, vous m’en bouchez un coin, ah oui vraiment ! » Les femmes, je sais
très bien que ça va marcher avec elles puisqu’elles n’ont pas coupé avec ces choses-là.
Certaines ont coupé, mais il y en a qui sont dans la continuité de l’enseignement par
cette parole. Elles sont là qui ne disent rien. Elles boivent du petit lait, comme on dit…

Monique Burg, « Entretien avec Josiane Bru », in: Cahiers de littérature orale, 72 | 2012

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Mardi 02/03/21

MARDI 2 MARS – Histoire(s) vraies et jeux de rôles

Comment donner la parole aux autres sans parler à leur place, voire les empêcher de la prendre. Comme Jean-Luc Godard l’a très bien dit au sujet des micro-trottoirs, on ne donne pas la parole en tendant un microphone et en disant, vas-y, parle !
François Beaune, notre auteur invité en résidence pendant toute la semaine, met au centre de son travail d’écrivain cette tâche depuis qu’il a récolté les histoires « vraies » sur les rives de la Méditerranée (La Lune dans le puits, 2013), en Vendée (Une vie de gérard en occident, 2016) ou dans les banlieues de Lyon (Dans ma zup, 2018).
Avec T.H. Gabriel, qui prendra la suite, nous passerons de la parole au corps, autour des jeux de rôles, inspirés par un univers futuriste, Doxa, permettant d’expérimenter d’autres existences plus tard dans la journée.
L’intermède est une plongée dans les agissements d’une police de sureté, pas si imaginaire que cela, concoctée par Frédéric L’Homme à travers son premier roman, Les Boiteux.

Les rencontres se déroulent dans la Salle des Actes (Attention : préinscription nécessaire – ci-dessous à chaque rencontre) et en ligne (diffusion en direct par iMedia : lien ICI)[1]Ne pas être surpris·e·s d’être redirigé·e·s ensuite sur la chaine YouTube de l’université.

Interventions de l’extérieur par Tchat, transmis au plateau. Tous les horaires sont indicatifs, nous tiendrons compte du live et des temps nécessaires de respiration.

Chaque rencontre sera diffusée en direct sur UpTV puis une retransmission sera disponible (les liens sont indiqués au fur et à mesure du programme).

Non, je me rendrai quand j’en aurai fini avec ce que j’ai à dire, tranquillement, sans pression. Pour l’instant je reste dans cette chambre, je ne bouge pas. Laissez-moi quelques jours, reprendre mes esprits, organiser ma défense. Prétentieux de dire cela, mais parfois il faut savoir faire jurisprudence.

François Beaune, Un ange noir, Verticales, 2011.

14:00-15:00 : Rencontre avec François Beaune

Entretien mené par Stéphane Bikialo et Jean-Jacques Teixeira.

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Le monopole de l’Ether a séparé le monde en 2 camps : Les mégacités et le monde extérieur. Futur post-cyberpunk et passé fantaisiste se côtoient sur une terre exploitée à l’extrême, créant un mélange lovecraftien piqué par 2 ou 3 doses d’adrénaline.

Au sujet de T.H. Gabriel, Doxa, 2021

15:00-16:00 : Rencontre avec T.H. Gabriel

Entretien mené par Alice Arménio Coïc et Hugo Sémilly.

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Il observa l »Alpine, noire comme toutes celles des boiteux, qui remontait la rue à grande vitesse. À une autre époque, la police judiciaire avait elle-même envisagé d’acquérir quelques-uns de ces bolides – pour ne pas perdre la face, en réalité – mais il était devenu rapidement clair que la vieille administration ne bénéficiait pas des largesses pécuniaires que l’État réservait à sa jeune rivale. Bien sûr, les choses étaient différentes aujourd’hui.

Frédéric L’homme, Les boiteux, Le Rouergue, 2020.

16:00 – 17:00 : Rencontre avec Frédéric L’Homme

Entretien mené par Denis Mellier, Inès Pichaud et Jean-Jacques Teixeira.

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17:00 – 18:00 : Présentation du jeu de rôle (en ligne)

Présentations du jeu de rôle par créneau de 30min.

Animation et modération : Alice Arménio, Quentin Légeron et Inès Pichaud.

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Cliquez ICI pour suivre la présentation.

18:00 – 20:00 : Jeux de rôles (en ligne)

Animation et modération : sur une idée de Quentin Légeron

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Le jeu de rôle aura lieu sur le site Roll20 et est limité à 5 personnes. Si vous voulez participer, il faudra vous créer un compte sur la plateforme.

Cliquez ICI pour pour vous connecter dans l’aire des jeux.

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Mercredi 03/02/21

MERCREDI 3 MARS – Mémoire(s) et politique

Nos mémoires sont défaillantes et nous avons tendance à nous fier désormais aux machines et serveurs, dont il n’est pas dit qu’il soient moins fragiles. Le premier soulagement à notre besoin de nous souvenir a été l’écrit, et il l’est toujours, même si les supports on changé. Donc aussi les livres, à la fois pour les auteurs ou autrices et pour nous lecteurs et lectrices.
Mercredi débutera par la mémoire de la Shoah au Brésil avec Maria Luiza Tucci Carneiro, en passant par celles d’Éric Pessan et Frédérique Cosnier, pour terminer par les années de plomb en Espagne, l’ETA, la terreur, mais aussi par la résistance politique (Toni Fejzula et Alfonso Zápico). Pourtant le mot d’ordre de l’exposition des planches de JKAL est « A veces, kisiera no saber leer. » (Parfois j’aimerais ne pas savoir lire.), or ce n’est qu’un moment du désespoir à surmonter, qui exprime l’ampleur des mauvaises nouvelles.

Les rencontres se déroulent dans la Salle des Actes (Attention : préinscription nécessaire – ci-dessous à chaque rencontre) et en ligne (diffusion en direct par iMedia : lien ICI)[1]Ne pas être surpris·e·s d’être redirigé·e·s ensuite sur la chaine YouTube de l’université.

Interventions de l’extérieur par Tchat, transmis au plateau. Tous les horaires sont indicatifs, nous tiendrons compte du live et des temps nécessaires de respiration.

Chaque rencontre sera diffusée en direct sur UpTV puis une retransmission sera disponible (les liens sont indiqués au fur et à mesure du programme).

À côté de l’esclave, le prêtre-exorciste ressemblait à un animateur de théâtre ambulant.  En fait, ce n’est pas toujours que la population d’Ourém a eu l’occasion d’assister à de tels spectacles.  Martinha […] a tourné en rond en tenant la tête d’une main et en traînant sa jambe droite comme si elle était blessée. Sur un ton de regret, il a supplié le public de retourner au cimetière et de répéter la cérémonie d’exhumation du cadavre. 

Ao lado da escrava, o padre-exorcista parecia um animador de teatro ambulante. Aliás, não era sempre que a população de Ourém tinha a oportunidade de presenciar espetáculos daquele tipo. Martinha […] andava em círculos segurando a cabeça com uma das mãos e arrastando a perna direita como se estivesse ferida. Em tom de lamento implorava ao público que retornasse ao cemitério e repetisse o cerimonial da exumação do cadáver.

Maria Luiza Tucci Carneiro, Os Diabos de Ourém (2020) , Les diables de Ourém, L’Harmattan, 2021 (à paraître).

14:00-15:00 : Rencontre avec Maria Luiza Tucci Carneiro (en ligne)

Animation et modération : Karina Marques, Jean-Jacques Teixeira, Manuel Ortiz de Galisteo Luque et Lola Berthomé (interprète).

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Je suis en lambeaux.

Je rentre après une fuite folle, j’ai voulu disparaître, j’aimais cette idée : l’absence brusque, la ramification des destins possibles. Seulement, j’ai échoué à m’estomper. Je reviens. Si la fuite est un mystère excitant, le retour est un échec pathétique. »

Eric Pessan, Incident de personne, Albin Michel, 2010.

15:00-16:00 : Rencontre avec Eric Pessan

Animation et modération : Luc Vigier.

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Je ne connaissais pas le chanteur. Le type qui s’éraillait la gorge sur un fond entêtant de basses et cordes sombres. Sylvain m’a dit qu’il s’appelait Gil. Il était mort, mais pas vraiment puisque toujours vivant à travers de nombreuses influences et à l’intérieur du petit poste, qui, ce soir, jouait encore sa voix. Je n’ai jamais pu oublier la première chanson que j’ai écoutée de lui ce soir-là. Elle tapisse encore la chambre de mes souvenirs, ma chambre de forces. Elle est Sylvain et la joie, elle est leur voix, leur corps. Me and the Devil

Frédérique Cosnier, Pacemaker, Le Rouerge, 2020.

16:00-17:00 : Rencontre avec Frédérique Cosnier

Animation et modération : Pauline Halbzajt, Eloïse Navarro et Estelle Roux.

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17:00-18:30 : Rencontre avec Alfonso Zápico et Toni Fejzula (en ligne)

Animation et modération : Judikaëlle Ballesteros, David Gonzalez et Ludivine Thouverez.

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2011 : l’ETA, organisation basque indépendantiste, dépose les armes. Un armistice inédit qui bouleversera le destin d’une Espagne divisée par la haine et le nationalisme.
Au cœur de ce conflit, deux familles, deux femmes : Bittori et Miren, amies d’enfance séparées par le terrorisme ; l’une est la femme d’une victime, d’un « assassiné », l’autre, la mère d’un terroriste. Cet événement résonne différemment chez elles.
Bittori, veuve d’un entrepreneur tué par l’ETA pour avoir refusé de payer son impôt révolutionnaire, revient dans son village qu’elle avait quitté après le meurtre. Elle veut savoir ce qu’il s’est passé ce jour-là et qui a tiré. Et si c’était Joxe Mari, le fils de Miren enrôlé par le groupe terroriste et qui a été vu au village le jour du meurtre ?

Ce roman graphique de Toni Fejzula suit ces deux familles aux destins opposés en dressant des portraits poignants de mères, de soeurs, de pères et de frères pris malgré eux dans la spirale de l’horreur. L’histoire, racontée par les différents personnages, alterne entre passé et présent dans la région du Guipuscoa, autour de Saint-Sébastien, centre explosif du nationalisme basque.

Source : Bulles d’encre

18:30-19:30 : Vernissage virtuel et atelier avec JKal (en ligne)

Visite guidée de l’exposition d’oeuvres de JKal par Ludivine Thouverez puis animation musicale en Salle des Actes avec Bernardo Soler Camara et Nolwenn Ganavat (en ligne).

Animation et modération : Ludivine Thouverez.

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Jeudi 04/03/21

JEUDI 4 MARS – Observation et résistance

Pour comprendre ce qui se passe dans le monde qui nous entoure et empoigne, nous commençons toujours par l’observer. Pour l’enregistrer il existe beaucoup de possibilités, prendre des notes, faire des croquis, filmer, se promener avec un microphone allumé comme John Travolta dans Blow out de De Palma. Mais c’est toujours le déchiffrage qui est le plus difficile. C’est ce que nous montrent les quatre auteurs et autrices invité·es du jeudi, s’ils et elles ne nous font pas participer à ce travail. Kathrin Röggla, Lucie Taïeb, Regis Lejonc et Maylis de Kerangal, avec des styles et des sujets très différents, peuvent passer pour quatre déchiffreuses et déchiffreur d’un monde qui se présente à nous ou bien dans une certaine illisibilité ou bien par un déchiffrage nivelé, normalisé et écrasant dans le discours des médias et politiques dominantes. Or « toucher le réel » ne saurait se faire sans perturber, mais rend aussi visible et audibles des aspects insoupçonnés.

Les rencontres se déroulent dans la Salle des Actes (Attention : préinscription nécessaire – ci-dessous à chaque rencontre)et en ligne (diffusion en direct par iMedia : lien ICI)[1]Ne pas être surpris·e·s d’être redirigé·e·s ensuite sur la chaine YouTube de l’université.

Interventions de l’extérieur par Tchat, transmis au plateau. Tous les horaires sont indicatifs, nous tiendrons compte du live et des temps nécessaires de respiration.

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là dehors, le nombre dissimulé fait rage. je vous le dis, oui, il y a un nombre dissimulé en marche, auquel on n’a pas d’accès. on dit sans chercher plus loin : un ménage sur dix ceci ou un ménage sur huit cela. de toute façon c’est déjà un huitième de la population, bientôt un sur 5. mais au fond nous ne savons pas du tout ce qui se passe, ce qui se passe vraiment – je dis juste : le nombre dissimulé ! nous ne savons pas ce qui se passe vraiment dehors, oui, là dehors ! parce que personne ne nous fournit les données exactes. malgré toute leur démoscopie. malgré toute leur culture de sondage, malgré leurs instruments démographiques, segments d’études de marché, frissons biométriques au contrôle d’identité, nous ne savons rien. c-à-d. nous avons des chiffres, des quantités énormes de chiffres en main.

da draußen tobt die dunkelziffer. das sage ich euch, ja, da ist eine dunkelziffer im gang, zu der man keinen zutritt hat. da heißt es schnell mal jeder zehnte haushalt dies oder jeder achte haushalt das. ein achtel der bevölkerung heißt es ohnehin schon, bald jeder 5. aber im grunde wissen wir gar nicht, was los ist, was wirklich los ist – ich sage nur: die dunkelziffer! wir wissen nicht, was draußen wirklich geschieht, ja da draußen! weil uns niemand die korrekten daten gibt. trotz ihrer ganzen demoskopie. trotz ihrer ganzen befragungskultur, trotz ihrer demoskopischen instrumente, marktforschungssegmente, den bielmetrischen zitterpartien, wissen wir nichts. d.h. wir haben zahlen, Unmengen von zahlen in der hand.

Kathrin Röggla, draußen tobt die dunkelziffer, Fischer 2005. (bilingue en 2007 : dehors peste le chiffre noir, presses universitaires du Mirail. (trad. modifiée)

À l’instant même où je referme le roman de DeLillo, je fais mienne cette aspiration: « Comprendre tout ça. Pénétrer ce secret. » La décharge ne m’a plus quittée, occupant mon esprit comme seul peut le faire ce qui suscite en nous – serait-ce inexplicable – un sentiment d’amour. Les déchets me sont apparus comme un continent immense, tentaculaire et jusque-là invisible, qu’il me fallait conquérir, pas à pas, livre après livre. Au sous-sol de la Bibliothèque nationale, je constitue la bibliographie qui devra me permettre de cerner cette réalité protéiforme, si lointaine, si étrangère, et qui cependant me touche intimement.

Lucie Taïeb, Freshkills, 2020.

14:00-15:30 : Kathrin Röggla (en ligne) en dialogue avec Lucie Taïeb

Animation et modération : Martin Rass et Leopold von Verschuer (à Cologne).

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Ce jeune africain rêve de goûter au sirop de Paris-Paradis. Mais Saka-Mama, sa mère, cherche les mots pour le dissuader de suivre le chemin des mirages. En vain.
Même Oumar le vieux griot essaie de le retenir, et fort de sa grande sagesse, lui rappelle que le mensonge donne de très jolies fleurs mais pas de fruit. Pourtant la fascination est trop grande et Moussa quittera le village pour tenter sa chance dans ce pays lointain, avec dans les yeux tous les soleils de l’Afrique…

à propos de Regis Lejonc, Paris-Paradis, Ricochet, 2011.

15:30-16:30 : Rencontre avec Régis Lejonc

Animation et modération : Tangui Le Bolloc’h et les étudiant.es de L2 du parcours LEMM.

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Ce qui se tient là, dans cette rue de Bruxelles au bas du quartier Saint-Gilles, rue quelconque, rue insignifiante, rue reprisée comme un vieux bas de laine, est une maison de conte : cramoisie, vénérable, à la fois fantastique et repliée. Et déjà, pense Paula qui a mal aux cervicales à force de renverser la tête en arrière, déjà c’est une maison de peinture, une maison dont la façade semble avoir été prélevée dans le tableau d’un maître flamand : brique bourgeoise, pignons à gradins, riches ferrures aux fenêtres, porte monumentale, judas grillagé, et puis cette glycine qui ceint l’édifice telle une parure de hanches. Alors, exactement comme si elle entrait dans un conte, exactement comme si elle était elle-même un personnage de conte, Paula tire la chevillette, la cloche émet un tintement fêlé, la porte s’ouvre, et la jeune fille pénètre dans l’Institut de peinture ; elle disparaît dans le décor.

Maylis de Kerangal, Un monde à portée de main, Verticales, 2018.

Extrait de: Maylis de Kerangal. « Un monde à portée de main. » iBooks.

16:30-17:30 : Rencontre avec Maylis de Kerangal

Animation et modération : Laura Berrié, Alice Armenio-Coïc et Hugo Sémilly.

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Vendredi 05/03/21

VENDREDI 5 MARS – Journée d’études Intermédialités créatives

Si l’intermédialité intéresse depuis quelques décennies les chercheurs et chercheuses (on date les recherches s’inscrivant dans ce cadre des années 1980, même si on peut en trouver des prémisses sous d’autres noms – et notamment le rapport texte/image au FoReLLIS depuis les années 1990), l’ensemble des relations et interactions de plusieurs médiums ou médias au sein d’une œuvre est un enjeu de la création artistique depuis des siècles, voire depuis l’origine de la littérature.
Le laboratoire FoReLLIS va consacrer les prochaines années à clarifier les enjeux théoriques des médialités et de l’intermédialité.
Le festival « Bruits de langues » a décidé d’apporter sa pierre à cette réflexion en réunissant quelques auteurs et autrices du festival pour les faire dialoguer, ensemble et avec des chercheurs et chercheuses, sur ces questions d’intermédialité.
Il s’agira donc d’une journée d’études en « création et recherche » où l’accent sera mis sur l’intermédialité du point de vue de la création, ou plutôt des points de vue de la création, car les points de vue comme les médiums et médias évoqués seront hétérogènes – et cela nous réjouit.
Et de nous interroger sur une pratique de l’intermédialité contemporaine, l’intermédialité étant toujours à historiciser, et à situer à la fois par rapport aux techniques du moment et à l’originalité de leur utilisation par les auteur-e-s/artistes.

Ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’il sera question de

  • ce qu’on fait des voix des autres, de celles et ceux qu’on rencontre (François Beaune), celles qui nous proviennent du brouhaha du monde contemporain, les domaines de travail connecté et déconnectés, oublieux de leur propre histoire, ou simplement perdues et déroutées (Kathrin Röggla). Que faire de toutes ces voix ? De cette matière première : enregistrer, citer, couper, monter, reformuler, donner voix, faire entendre, tout est possible lorsqu’on est « à l’écoute ».
  • la manière dont se conduisent des projets à quatre mains, que ces projets soient centraux (les nombreuses collaborations de Régis Lejonc illustrateur avec des auteurs ou autrices comme Henri Meunier, Olivier Douzou, Thomas Scotto… ou de Régis Lejonc scénariste avec des illustrateurs comme Riff Reb’s pour  La Carotte aux étoiles), ou marginaux (Dans ma zup de François Beaune avec des dessins de Fabrice Turrier ; Pierre Feuille Ciseaux de Maylis de Kérangal avec le photographe Benoît Grimbert, 2012) dans la pratique artistique des auteurs ou autrices, par exemple le dessin pour Eric Pessan, qui lui sert à interroger le quotidien autrement, autant qu’il peut raconter ses photos de famille (2020) en se frottant au trait de Delphine Bretesché.
  • la réflexion sur la narration graphique et verbale, à travers les genres de la bande-dessinée (Patria de Toni Fejzula), de l’album jeunesse (Régis Lejonc), du dessin écrit (Eric Pessan)…
  • le travail sur l’objet livre et toutes les formes de sortie du livre, de littérature exposée, lors de performances (Eric Pessan, François Beaune), lors d’adaptations cinématographiques (Maylis de Kérangal), lors d’expositions (Régis Lejonc), lors de mises en scènes théâtrales (Eric Pessan, Kathrin Röggla), de fictions radiophoniques (Eric Pessan), mais aussi dans des adaptations pour écran.

Programme

La journée d’études est accessible uniquement en ligne : ICI pour suivre et intervenir pendant la matinée[1]Journée rendue possible grâce à l’aimable soutien et accueil de l’Espace Mendès-France, Poitiers, qui ouvre ses portes pour les écrivains et écrivaines, chercheurs et chercheuses

9h Ouverture par Stéphane Bikialo et Anne-Cécile Guilbard

9h15-10h30 – Albums, objets livres, littérature exposée et dessinée

Éric Pessan et Régis Lejonc en dialogue avec Stéphane Bikialo et Martin Rass

10h45-12h Bande-dessinée et roman graphique

 
Autour Patria de Toni Fejzula (Ludivine Thouverez) et de Dans ma ZUP de François Beaune (Catherine Rannoux)

 

12h-14h Repas

La journée d’étude est accessible uniquement en ligne : ICI pour suivre et intervenir pendant l’après-midi

14h-15h De la voix, au livre, à la scène

Kathrin Röggla (contribution en allemand/texte bilingue) et François Beaune, en dialogue avec Stéphane Bikialo et Martin Rass

die unvermeidlichen – les inéluctables, pièce radiophonique de Kathrin Röggla (de)
 

15h-16h Intermédialités thématisées 

Maylis de Kerangal (Hugo Sémilly) et François Beaune (Stéphane Bikialo)

References

References
1 Journée rendue possible grâce à l’aimable soutien et accueil de l’Espace Mendès-France, Poitiers, qui ouvre ses portes pour les écrivains et écrivaines, chercheurs et chercheuses